Il est devenu courant au Liban, depuis quelque temps, que des partis ou des personnalités répondent à toute critique d’un accord ou d’un choix politique par la question de l’alternative. Ce qui pourrait, en apparence, sembler légitime se transforme rapidement, dans les contextes politiques du pays, en moyen de se retrancher derrière une configuration propre à une communauté, au motif qu’il n’existerait pas d’alternative au plus puissant en son sein ; derrière un système clientéliste, sous prétexte de réalisme ; ou encore derrière toute proposition ou tout accord présentés comme excluant d’emblée l’existence de ce qui pourrait s’en distinguer.
La signature de l’accord-cadre entre le Liban et Israël a fourni l’occasion d’entendre ce type d’arguments, parallèlement à d’autres discours consistant à défendre l’accord en le présentant comme bon et souverain, avant d’affirmer qu’il est, en tout état de cause, le produit des rapports de force dans un Sud ravagé et occupé — c’est-à-dire, en réalité, qu’il est profondément mauvais.
Au-delà de cette rengaine, il convient de soulever cinq questions relatives à cet accord et de s’arrêter brièvement sur ce qu’elles impliquent.