Yassîn Al-Haj Saleh fait partie d’un petit nombre
d’écrivains et de chercheurs syriens ou arabes qui « connaissent » aussi
bien leurs pays sur le plan politique que social. Ils connaissent l’apparence et
la situation générale et connaissent également les dessous, « la vie
dissimulée », ainsi que tous les récits politiques parallèles (ou opposés)
au récit officiel. De plus, ils connaissent « le ventre du pays », le
monde inférieur où se trouvent les prisons, les prisonniers, les geôliers, où
l’être humain est différent dans ses relations, dans son immense capacité à
s’adapter comme à se replier sur lui-même et à s’effondrer.