L’Espagne a accompli un nouvel exploit footballistique, aussi éclatant que mérité, en remportant la Coupe du monde 2026, deux ans après son sacre européen. Elle a ainsi réédité sa performance de 2010, lorsqu’elle avait conquis le titre mondial après avoir remporté le Championnat d’Europe — compétition qu’elle devait de nouveau gagner en 2012. Son palmarès compte désormais deux Coupes du monde lors des cinq dernières éditions et trois titres européens sur cinq en dix-huit ans. À ces succès s’ajoutent le titre mondial actuellement détenu par sa sélection féminine, plusieurs titres olympiques et de nombreux trophées remportés dans les catégories de jeunes.
Ce sacre récompense une génération espagnole qui joue avec assurance et impose sa maîtrise quel que soit l’adversaire. Elle monopolise le ballon, occupe remarquablement l’espace et attaque aussi bien par les ailes que dans l’axe. Les déplacements parfaitement coordonnés de ses joueurs offrent en permanence plusieurs solutions aux créateurs du jeu, réduisant d’autant les possibilités de récupération adverse et le déclenchement des contre-attaques.
La finale face à l’Argentine, tenante du titre, a sans doute offert la démonstration la plus accomplie de cette supériorité. Conduite par Rodri, Cucurella et Lamine Yamal, l’Espagne est parvenue à maintenir son emprise sur le jeu malgré l’âpreté des duels, la pression exercée au milieu de terrain et le bloc défensif compact des Argentins. La tâche demeura difficile jusqu’au but de la victoire inscrit du pied gauche par Ferran Torres, au début de la seconde période de la prolongation, au terme d’une séquence mêlant jeu au sol et ballons aériens entre Yamal, Porro et Williams. Messi et ses coéquipiers ne sont pas parvenus à égaliser dans les dernières minutes, comme ils l’avaient fait face au Cap-Vert, à l’Égypte, à la Suisse et à l’Angleterre: la fatigue, le faible nombre d’occasions et de frappes vu la domination espagnole, ainsi que leur infériorité numérique après l’expulsion de Fernández à la fin du temps réglementaire, ont fini par peser lourdement.
Les Espagnols ont également monopolisé les principales distinctions individuelles: Rodri a été élu meilleur joueur du tournoi, Cubarsí meilleur jeune joueur et Simón meilleur gardien.