Depuis plusieurs années, la place d’Israël dans le Proche-Orient ne peut plus être pensée à travers le seul prisme de ce qui fut longtemps qualifié de «conflit israélo-palestinien» et de ses débordements. Les guerres successives, l’évolution des rapports de force régionaux, les interventions et les assassinats, ainsi que l’appui constant des puissances occidentales ont progressivement conféré aux actions israéliennes une portée qui excède largement le territoire de la seule Palestine historique.
C’est ce «changement d’échelle» qui conduit à déplacer les termes mêmes dans lesquels le «problème» a historiquement été formulé. Il devient désormais possible de parler d’une «question israélienne». L’expression désigne moins un conflit circonscrit qu’un ordre régional fondé sur une hégémonie militaire et un statut d’exception qui soustrait largement Israël aux mécanismes du droit international pourtant censés s’appliquer aux autres États du monde.