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mercredi 22 avril 2026

When war in the Middle East is told in the language of those who wage it

Since 7 October 2023, a significant share of French audiovisual media coverage of the Israeli war on Gaza, and subsequently of the war in Lebanon, has revealed an inability to inform accurately, as well as a deeper crisis in the categories through which the Middle East is rendered intelligible.

What has prevailed across a majority of television channels is therefore not merely an editorial political bias, a compassion asymmetry, or a hierarchy of urgencies. It is a genuine reconfiguration of the gaze. The Israeli narrative of the war, together with its military terminology, was adopted and then gradually detached from history, the social sciences, and international law.

From that moment on, the societies targeted by the “Israeli operations” ceased to appear as inhabited worlds, shaped by social relations, memories, institutions, aspirations, and by individual as well as collective experiences. They became spaces of “surgical” intervention, theatres of manoeuvre, maps saturated with objectives and risks. The consequence of such a shift was decisive: by substituting a cold commentary for politics, this coverage did not merely impoverish analysis; it also helped render acceptable extreme forms of violence and criminality.

lundi 16 février 2026

Francesca Albanese et la bassesse des puissants

La rapporteuse des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, se trouve une fois encore exposée à une campagne politique qui la prend pour cible, à la fois comme personne, comme incarnation d’une éthique juridique, et comme position indépendante, refusant toute transaction au rabais avec le droit international et les exigences qu’il impose s’agissant des Palestiniens et des crimes israéliens perpétrés à leur encontre.

Article publié dans le Club de Mediapart

lundi 30 septembre 2024

L'assassinat de Nasrallah et l'impunité israélienne

Interview de Ziad Majed dans Mediapart, suite à l'attaque israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, qui a tué le secrétaire général du Hezbollah ainsi que des dizaines de civils libanais.

Propos recueillis par Ilies Ramdani.

Que vous inspire l’assassinat de Hassan Nasrallah ?

Il n'y a aucune ligne rouge pour les Israéliens. Ils peuvent tuer qui ils veulent, frapper là où ils veulent. La question dépasse le cadre de la figure de Hassan Nasrallah. Il y a un État qui franchit toutes les limites et les frontières pour assassiner, bombarder, avec souvent de la complicité dans le monde occidental.

J’ai toujours été opposé, comme beaucoup de Libanais, au Hezbollah pour des raisons politiques, culturelles et idéologiques, et au cours de la dernière décennie pour son engagement militaire en Syrie, à la demande de Téhéran, en soutien au régime criminel de Bachar El-Assad. Le parti est également accusé d’assassinats au Liban.

Cependant, il jouit d'une légitimité populaire au sein de la communauté chiite, traumatisée par les invasions israéliennes successives du Liban depuis 1978 (cinq ans avant la fondation du parti) et par une longue histoire d'occupation militaire du sud (qui a duré 22 ans), puis d'une guerre en 2006. Ce qui fait que le Hezbollah siège depuis 1992 au Parlement, dirige des conseils municipaux élus, tient des ministères et gère ses propres institutions sociétales.

L'assassinat vendredi de son secrétaire général Nasrallah, mené par des responsables israéliens accusés eux-mêmes, par le procureur de la Cour pénale internationale et par des dizaines d'organisations de défense des droits humains, de crimes contre l'humanité, arrive comme une nouvelle preuve d'un «exceptionnalisme» plaçant Israël au-dessus du droit international. D’autant plus que le raid aérien a ravagé tout un quartier résidentiel de la banlieue de la capitale libanaise, laissant des dizaines de civils sous les décombres. Six bâtiments de plusieurs étages ont disparu tellement les bombes étaient puissantes.

Il y a donc chez une grande partie des Libanais une colère, semblable à celle des Palestiniens qui subissent depuis des décennies l’occupation, la colonisation et désormais une guerre génocidaire à Gaza, sous le regard passif de la «communauté internationale».

samedi 7 mai 2022

Will the Republican front against the far right hold up for long in France?

In a world that has been experiencing the rise of ultranationalist, xenophobic and reactionary populism for decades, European democracies are finding it increasingly difficult to stand out.

Witnesses (and sometimes accomplices) of a normalization of the extreme right, in search of transforming Europe into a white fortress rejecting immigration and rejecting miscegenation and diversity, the governments and authorities in Brussels, Rome, Paris, or even Berlin are slow to react. They persist in their obsession with growth and economic exchanges, to the detriment of major political and societal issues. As for the progressive forces, fragmented and incapable of transforming the necessary mobilizations and oppositions into the conquest of power, they are in clear retreat, despite some electoral surges.

The pandemic and its heavy consequences have aggravated this situation and further weakened the confidence of a large part of the citizens in their institutions, elites and representatives, while amplifying social, racial and territorial inequalities.

In addition to all this, since February 2022, there has been the anxiety and anguish caused by the Russian invasion of Ukraine and the outbreak of war on European soil. The demons of a not so distant past seem to be back in many countries.

It is in this tense and oppressive European and international context that the presidential elections were held in France in April, preceded by very violent political and media campaigns and with a record abstention (the highest in fifty years).

Le front républicain français contre l’extrême droite résistera-t-il longtemps?

Dans un monde qui connait depuis des décennies la montée d’un populisme ultranationaliste, xénophobe et réactionnaire, les démocraties européennes peinent de plus en plus à se démarquer.

Témoins (et parfois complices) d’une normalisation des droites extrêmes, en quête de transformer l’Europe en une forteresse blanche repoussant l’immigration et rejetant le métissage et la diversité, les gouvernements et les instances à Bruxelles, à Rome, à Paris, ou même à Berlin tardent à réagir. Ils persistent dans leurs obsessions de croissance et d’échanges économiques, au détriment des grandes questions politiques et sociétales. Les forces progressistes quant à elles, fragmentées et incapables de transformer les mobilisations et oppositions nécessaires en conquête du pouvoir, sont en net recul, malgré certains sursauts électoraux. 

La pandémie et ses lourdes conséquences ont aggravé cette situation et fragilisé d’avantage la confiance d’une grande partie des citoyens en leurs institutions, élites et représentants, tout en amplifiant les inégalités sociales, raciales et territoriales.

A tout cela se sont ajoutées depuis février 2022 l’anxiété et l’angoisse causées par l’invasion russe de l’Ukraine et le déclenchement de la guerre sur le sol européen. Les démons d’un passé pas si lointain semblent être, dans plusieurs pays, de retour.

C’est dans ce contexte européen et international tendu et opprimant que les élections présidentielles se sont tenues en France le mois dernier, précédées par des campagnes politiques et médiatiques très violentes et connaissant une abstention record (la plus importante depuis cinquante ans).

mardi 1 décembre 2020

On the crisis of Islam: In defense of discussion

The murder last month of the French history teacher Samuel Paty, with its atrocious symbolism, marks the latest in a series of terrorist acts perpetrated by young French Muslims, or other Muslims residing in France. As is often the case, it has inflamed emotions to the extreme, rendering it impossible for days or even weeks thereafter to have a reasonable conversation about Islam and related questions.

As secular, democratic intellectuals, descending from the Arab Levant, and from a heritage of which Islam was and is an essential component, we are compelled by this state of affairs to affirm—first of all—that communication between different people, and the thorny examination of complex issues, are the key to disarming the militarization of thought and culture advocated by Islamist nihilists such as Paty’s killer, Abdullah Anzorov, and the many others like him. The more such people succeed in deepening the trenches separating Muslim communities from the world around them, the more they prosper and flourish.

Second, we affirm that this militarization of thought and culture is not limited to these Islamist nihilists alone. Plenty in the West play the very same game, and encourage the Islamists themselves to play it further, for they too seek to deepen the trenches and live in buttressed fortresses, indifferent to all that goes on around them and out on the margins of their settlements.

To read this article by Yassin Al-Haj Saleh, Farouk Mardam-Bey and Ziad Majed, please visit Aljumhuriya

samedi 5 octobre 2019

Entretien sur les enjeux autour de la Syrie - Octobre 2019

Un long entretien avec Ziad Majed dans Political, sur la situation actuelle en Syrie, la position de M. Macron, la visite de la délégation de l'extrème droite française à Damas, la propagande assadienne et ses relais, les politiques russes et iraniennes, et la reconstruction et l'impunité.
Pour lire l'entretien, veuillez cliquer sur ce lien.

lundi 5 mars 2018

France - Syrie, ou la diplomatie du levier

Dans son ouvrage « Chirac, Assad et les autres » (PUF, octobre 2017, préface de Henry Laurens), Manon-Nour Tannous analyse les relations entre Paris et Damas depuis le départ des troupes françaises de Syrie en 1946 jusqu’au déclenchement de la révolution syrienne en 2011. Son travail offre un éclairage indispensable pour la compréhension des relations franco-syriennes, en les inscrivant dans trois temps de leur histoire.

vendredi 22 décembre 2017

Sur les déclarations du président Macron concernant la Syrie

Ziad Majed était l'invité de "Bourdin Direct" sur RMC/BFM (Lundi 18 décembre 2017) pour réagir aux déclarations du président français Emmanuel Macron sur la Syrie et Assad.


mercredi 5 juillet 2017

Macron, la Syrie, la Realpolitik et les droits humains

Emission de 28 minutes d'ARTE, du mardi 4 juillet 2017 sur les déclarations de M. Macron et leurs répercussions, avec Marie Peltier, Renaud Girard et Ziad Majed.


samedi 24 décembre 2016

Alep Est: le déplacement forcé de la population est un crime

Sur Alep, la Syrie, la Russie et ses crimes de guerre, les politiques américaine et française et l'échec des Nations Unis... 
Débat du 15 décembre 2016 sur LCI avec Isabelle Lasserre, Dr. Gilbert Potier et Ziad Majed


Alep, la Syrie et la Russie

Podcast de "Bourdin Direct" - RMC, le 19 décembre 2016: sur la Syrie, la Russie & les crimes de guerre (et sur certains politiques français à droite comme à gauche).