Mesdames, Messieurs, chères Khozama et Nisreen,
Chers camarades,
Qu'est-ce qui fait que nous soyions aujourd'hui, Syriens, Palestiniens, Libanais et Français, réunis pour honorer un nonagénaire parti il y a quarante jours ?
Est-ce le respect que nous portons à sa vie et à son
combat légendaire pour la liberté, cette cause qu'il a refusé de concéder ni de
compromettre sur son droit à l’arracher
?
Est-ce la ténacité extraordinaire et le courage qui ont
caractérisé son quotidien en prison et hors de prison, alors qu'il vivait la
torture, l'oppression et la tyrannie dans sa chair ?
Est-ce notre amour commun pour nos pays déchirés, dont
les peuples vivent, à Homs, Daraya, Daraa, Alep, Gaza, Khan Younis, Jenin,
Sanaa, Bagdad et Beyrouth un rare niveau de cruauté ?
Est-ce l'espoir toujours nourri par notre grand défunt,
même dans les moments les plus sombres, que la Syrie ne resterait pas le
royaume du silence
?
Ou est-ce cette vulnérabilité si humaine qui
transparait malgré une volonté de fer, qui réfléchit en miroir l’image de nos
pères, nous donnant à voir leur force, leurs hésitations, leur tendresse, leurs
maladresses et finalement leurs corps ployant sans jamais fléchir sous le poids
des années et des horreurs
?
Nous sommes ici, me semble-t-il pour toutes ces raisons à la fois. Riad al-Turk nous a tous et toutes marqués, quelle que soit notre proximité personnelle avec lui.